Pour les kinésithérapeutes la prise en charge d’un patient passe par une analyse qui va au-delà de la pathologie ou de la blessure. Le sommeil au même titre que l’alimentation est un des facteurs qu’il est important de prendre en compte lors du bilan initial. 

Si nous ne savons pas encore précisément quel est le rôle du sommeil, nous constatons que des processus de régénération, d’intégration et de développement se font lorsqu’on dort. Or ce sont des processus particulièrement importants pour éviter des blessures, prévenir des pathologies en amont, et pour une meilleure récupération en aval.

Méryl Manoukian, masseur kinésithérapeute spécialisé en oro-maxillo faciale et rééducation des apnées du sommeil, nous en dit plus sur les troubles du sommeil, comment les détecter et quel rôle peut jouer le kinésithérapeute de la prévention à la thérapeutique.

 

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours

Je suis Méryl Manoukian, kinésithérapeute diplômée en 2010. Je travaille actuellement en libéral au sein du PEAS (le pôle d’exploration des apnées du sommeil) situé à la clinique Bel-Air à Bordeaux.

J’ai une pratique exclusivement axée sur la rééducation maxillo-faciale et la prise en charge des apnées du sommeil de l’adulte et de l’enfant.

 

Quels sont les troubles du sommeil les plus fréquents ?

Parmi les troubles du sommeil les plus fréquents on retrouve:

  • L’insomnie, qui est une maladie grave, plus ou moins chronique et qui touche 1 Français sur 5 dont 9% en souffrent sévèrement.
  • Le syndrome des jambes sans repos : Le mécanisme de cette pathologie, qui touche 5 % de la population adulte, n’est pas connu. Cependant il semble qu’une activité insuffisante de certains neurones, une carence en fer, une insuffisance rénale ou encore un diabète peuvent en être la cause
  • Le syndrome d’apnées du sommeil : Elles affectent environ 4 % des hommes et 2 % des femmes et sont plus fréquentes après 50 ans (environ 10% des personnes à 50 ans)

Notez-vous une augmentation ou l’apparition plus jeune de ces troubles?

Je note surtout qu’on parle de plus en plus de l’importance que les enfants aient un sommeil réparateur et pas seulement du fait qu’ils fassent leurs nuits.

La place de plus en plus importante des écrans dans notre quotidien à énormément participé à perturber le sommeil des plus jeunes.

Quant au troubles respiratoires obstructifs du sommeil de l’enfant, la prévalence augmente et se situe autour de 1 à 5 % c’est-à-dire que dans une classe de primaire ou de maternelle au moins 1 enfant par classe serait concerné.

 

Quel est l’impact du sommeil sur la qualité de vie des patients?

Les facteurs de risque qui sont associés aux irrégularités du sommeil (dormir trop ou pas assez) sont les maladies chroniques comme l’obésité , le diabète de type 2 , les maladies cardiaques et l’ athérosclérose, l’arythmie , l’hypertension artérielle , l’accident vasculaire cérébral , et des niveaux déséquilibrés de triglycérides et de cholestérol .

Le sommeil est fondamental pour la santé. Il régule plusieurs fonctions dont l’humeur, la cognition, le métabolisme ou encore l’immunité.

Quel est l’impact socio-économique des troubles du sommeil?

On retrouve des conséquences au niveau professionnel

  • Chez 56% des Français, les problèmes de sommeil occasionnent au moins 1 nuisance dans le cadre professionnel.
  • 8% ont été absents au moins 1 fois au travail au cours des 12 derniers mois en raison de troubles du sommeil
  • 13% ont conduit en manque de sommeil ou en état de somnolence dans le cadre de leur activité professionnelle et ont risqué l’accident. 
  • 37% estiment que les horaires / rythmes de travail perturbent le rythme de sommeil. Les répercussions se font essentiellement ressentir sur l’énergie et le dynamisme, la concentration et la capacité à ne pas faire d’erreur

L’insomnie touche environ 1 adulte sur 5. Il est donc naturel que les travailleurs s’en plaignent régulièrement.

Les conséquences professionnelles de l’insomnie sont multiples : 

  • accidents du travail plus fréquents
  • nombre de jours d’arrêt de travail augmenté, 
  • taux d’absentéisme plus élevé

L’apnée du sommeil, lorsqu’elle n’est pas traitée, a des conséquences néfastes au travail : 

  • 2 fois plus d’accident du travail 
  • 2,5 fois plus d’absence 
  • 2 fois plus d’arrêt maladie longue durée 
  • L’efficacité et la performance au travail sont diminuées
  • difficultés à se concentrer, à accomplir un travail routinier, risque de somnolence sur le poste de travail et de fausses manœuvres ou d’erreurs

Quelles questions et éléments peuvent aider les kinés lors du bilan à détecter des troubles du sommeil?

 

Plusieurs symptômes peuvent caractériser les apnées du sommeil : 

  • Des ronflements très bruyants qui se répètent sur une partie ou toute la nuit 
  • Une impression de ne pas avoir “récupéré” pendant la nuit 
  • Souvent une somnolence dans la journée, en particulier en cas d’inactivité 
  • Des troubles de la mémoire et de l’attention
  • Une irritabilité et une baisse de la libido 
  • Une envie d’uriner la nuit

Ce qui doit attirer l’attention :

  • Vous avez du mal à vous endormir. 
  • Vous vous réveillez trop tôt. 
  • Vous avez des sensations désagréables dans les jambes qui vous empêchent de dormir 
  • Vous êtes fatigué le matin 
  • Vous avez des envies de dormir la journée 
  • Vous luttez pour rester actif 
  • Votre sommeil est agité. 
  • Votre entourage s’inquiète du ronflement et des arrêts de la respiration au cours du sommeil

Comment aller plus loin ?  Quelles formations suivre?

Il existe de nombreuses ressources en ligne et près de chez vous en voici quelques exemples:

  • Certains sites internet : INSV, alliance apnées, réseau morphée, ideas.ovh
  • Sprint learning sommeil de chez EBP formation
  • Groupe facebook ; kinesitherapie/orthophonie et sommeil
  • Formation initiale sahos adultes, enfants ou journées de perfectionnement : health impact

 

Conclusion

Merci Meryl d’avoir pris le temps de partager ces précieuses informations avec un emploi du temps aussi chargé. Pour conclure nous pouvons donc dire que si 1 personne sur 5 souffrent de troubles du sommeil ce n’est cependant pas une fatalité.

Les signes que l’on note soi-même (se réveiller fatigué, une somnolence durant la journée) et les informations que nous transmettent nos proches (ronflement, apnées….) peuvent être communiqués à votre médecin ou votre kinésithérapeute. Cette démarche peut améliorer grandement votre quotidien et prévenir de maladies, d’accidents et de blessures.

Pour les kinésithérapeutes qui veulent se former, il existe de nombreuses formations prises en charge qui n’attendent plus que vous 👍

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