Ce que les formations kiné ne vous apprennent pas

Hors nomenclature : Le kiné chef d’entreprise ? 

Avec Jérémie Billon

Le monde de la kinésithérapie change rapidement, et les attentes des patients tout autant. Face à la sédentarité, aux pathologies chroniques, au vieillissement de la population et aux besoins croissants d’accompagnement, le rôle du kinésithérapeute n’a jamais été aussi central. Pourtant, sur le terrain, beaucoup ont le sentiment inverse : manque de temps, pression du planning, fatigue mentale, impression de ne jamais pouvoir travailler comme ils le voudraient.

Au cours d’un échange riche et sans filtre, Julien (KinéOweb) et Jérémie Billon, kinésithérapeute et entrepreneur engagé, ont exploré ces enjeux en profondeur. Leur discussion met en lumière une question essentielle : comment un kiné peut-il aujourd’hui exercer pleinement son métier, répondre aux besoins de ses patients et préserver sa santé… tout en assurant la pérennité de son activité ?

Leur réponse tient en un mot : diversifier.
Et cela passe en grande partie par une meilleure compréhension – et une meilleure utilisation – du hors nomenclature.


La réalité du cabinet : un système à bout de souffle

Tous les kinés libéraux connaissent ce paradoxe : leur expertise augmente, la demande de prise en charge augmente, les besoins de prévention augmentent… mais le cadre de la séance conventionnée, lui, reste figé.

Dans le quotidien du cabinet, cela se traduit par :

  • des séances de 30 minutes difficiles à tenir sans sacrifier la qualité humaine ;

  • des journées à rallonge pour « rattraper » le planning ;

  • l’impossibilité d’intégrer pleinement l’éducation, la prévention ou le bilan fonctionnel ;

  • des contraintes tarifaires qui ne reflètent pas le niveau réel d’expertise ;

  • une charge mentale grandissante.

Cette configuration pousse souvent les kinés dans un exercice « à l’acte » où ils ne peuvent pas déployer tout leur potentiel. Beaucoup ressentent une frustration profonde : on pourrait faire tellement plus… si on nous en donnait les moyens.


La prévention : incontournable mais impossible à caser dans l’AMK

Jérémie insiste sur un point crucial : la prévention est aujourd’hui un enjeu majeur. Les patients en ont besoin, les institutions la réclament, et les kinés sont parmi les mieux placés pour la délivrer.

Mais la prévention nécessite du temps, de l’écoute, de la pédagogie, et souvent des formats différents : ateliers, exercices guidés, bilans, programmes progressifs. Autant d’éléments qui ne rentrent pas dans la logique du soin remboursé.

Le problème n’est donc pas une question de compétence, mais de cadre.
Ce que la nomenclature ne permet pas, le hors nomenclature le permet.


Hors nomenclature : un espace pour pratiquer autrement

Contrairement à une idée répandue, le hors nomenclature n’est ni une zone grise ni une prise de distance avec la déontologie. C’est un espace parfaitement légal où le kiné peut proposer des prestations qui ne relèvent pas des actes définis par le Code de la Santé Publique.

C’est également un espace de liberté pour répondre à des besoins concrets des patients :

  • apprendre à mieux bouger,

  • prévenir les douleurs récurrentes,

  • améliorer sa mobilité,

  • bénéficier d’un accompagnement post-opératoire plus complet,

  • poursuivre un travail post-natal,

  • retrouver de la confiance dans son corps.

Le hors nomenclature permet au kiné d’être à nouveau maître de son temps, de ses formats et de son expertise.


Le principal blocage : la peur d’être hors cadre

Julien et Jérémie l’observent tous les deux : la majorité des kinés ne manquent ni d’idées ni de compétences. Ce qu’ils redoutent, c’est d’être « hors cadre ». Souvent à cause de :

  • la confusion entre hors nomenclature et hors convention ;

  • des informations floues ou contradictoires ;

  • la crainte du jugement des confrères ;

  • un manque de formation à la communication et à la création d’offres ;

  • un rapport au tarif marqué par l’autocensure.

Ces doutes invisibles paralysent l’action.
Pourtant, dès que le cadre est clarifié, les kinés réalisent qu’ils sont parfaitement légitimes à proposer des prestations complémentaires, gratuites ou payantes.


Le kiné doit penser en entrepreneur — sans renier son identité de soignant

C’est l’un des messages les plus forts de votre échange.
Un kiné est un professionnel de santé, mais aussi un professionnel libéral. Cela implique de comprendre :

  • la valeur de son expertise,

  • le fonctionnement de son entreprise,

  • la manière de structurer des offres claires,

  • le besoin de diversifier ses sources de revenus,

  • l’importance de préserver son équilibre personnel.

Être kiné et chef d’entreprise, ce n’est pas choisir entre l’un ou l’autre.
C’est accepter les deux facettes d’un même métier.

Et c’est précisément ce que permet le hors nomenclature :
continuer à soigner,
tout en développant des prestations qui améliorent la qualité du service et la qualité de vie du professionnel.


Les patients ne paient pas pour un remboursement, mais pour une réponse à leur besoin

Un point clé revient plusieurs fois dans votre discussion : le patient ne paie pas pour une AMK, il paie pour une solution. Lorsqu’une offre hors nomenclature est claire, cohérente et utile, elle trouve naturellement son public.

Exemples cités :

  • ateliers de mobilité pour prévenir les douleurs chroniques,

  • accompagnement pré/post natal structuré,

  • bilans approfondis de reprise sportive,

  • séances de respiration ou de relaxation guidée,

  • programmes d’autonomie pour les seniors actifs.

Dans tous ces cas, ce n’est pas la question du remboursement qui motive le patient, mais la pertinence de l’accompagnement.


Repenser son activité : de l’acte isolé à la valeur globale

Le modèle conventionné impose une logique « 1 acte = 1 séance = 1 revenu ».
Le hors nomenclature ouvre une voie différente : celle de la transformation.

Le kiné peut alors organiser son activité autour de formats qui ont plus de sens :

  • programmes personnalisés,

  • séances longues,

  • ateliers collectifs,

  • bilans spécialisés,

  • accompagnements mixant présentiel et autonomie guidée.

Ce modèle permet non seulement un meilleur service, mais aussi un meilleur équilibre personnel.


Vers une kinésithérapie durable et épanouissante

L’échange entre Julien et Jérémie révèle une évidence :
La kinésithérapie ne se résume pas au conventionné. Et surtout, elle ne peut plus s’y limiter.

Diversifier son activité, clarifier son positionnement, proposer des offres complémentaires… ce n’est pas « sortir du système », c’est le renforcer en rendant au kiné son rôle central et son expertise réelle.

Le hors nomenclature est une opportunité :

  • pour mieux accompagner les patients,

  • pour mieux valoriser le métier,

  • pour éviter l’épuisement,

  • pour retrouver du plaisir à exercer,

  • pour construire une entreprise stable et pertinente.

Le kiné ne perd rien de son identité.
Il gagne simplement la possibilité de pratiquer avec sens, sérénité et ambition

 

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