le hors nomenclature est légal pour un kinésithérapeute libéral.

Le hors nomenclature est-il légal pour un kiné libéral ?

Les 3 cadres pour que la réponse soit OUI

Oui, le hors nomenclature est légal pour un kinésithérapeute libéral.
Mais uniquement s’il respecte trois cadres précis : le champ de compétences, la distinction claire avec les actes NGAP, et une information loyale du patient.
Le problème n’est donc pas le “oui”. Le problème, comme souvent en kinésithérapie, c’est l’absence de cadre.
Dès maintenant, une précision importante : comme pour toute prise en charge clinique, la pertinence du hors nomenclature dépend toujours du contexte individuel. C’est exactement pour cela que le Bilan Du Kiné Épanoui sert d’étape de clarification, avant toute décision structurante.

Le vrai problème derrière la question du hors nomenclature

La confusion actuelle ne vient pas d’une volonté de “contourner le système”.
Elle vient d’un empilement de textes, d’interprétations partielles et de raccourcis dangereux.

On entend tout et son contraire :

  • « Facture un DE, c’est toléré »

  • « Il faut se déconventionner pour être libre »

  • « Le hors nomenclature est un dépassement déguisé »

Résultat : deux postures extrêmes et inconfortables.

  1. L’auto-censure totale
    Le kiné reste strictement dans la NGAP, même quand cela limite clairement la récupération ou l’autonomie du patient.

  2. L’improvisation au feeling
    Le kiné propose autre chose… mais sans cadre clair, ni juridique, ni stratégique.

Dans les deux cas, le problème n’est pas l’intention.
Le problème, c’est l’absence de diagnostic global.

Le cadre de base : ce que la loi regarde réellement

Premier point fondamental : le hors nomenclature n’est pas interdit par principe.

Aucun texte n’interdit à un kiné de proposer :

  • de la prévention,
  • de l’éducation,
  • de l’accompagnement,
  • ou un suivi hors remboursement,

tant que cela reste cohérent avec son rôle professionnel, tel que garanti par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

Le modèle des cercles (à garder en tête)

  • Grand cercle : le champ de compétences du kiné
    Tout ce que tu es légalement formé et autorisé à faire.

  • Petit cercle : la convention NGAP, sous l’égide de la Caisse primaire d’assurance maladie
    Ce qui est remboursé par la Sécurité sociale.

  • Entre les deux : le hors nomenclature
    Tout ce qui relève de ta compétence, mais qui n’est pas remboursé.

Cette zone est légale.
Le risque apparaît uniquement quand les frontières deviennent floues.

Les 3 conditions incontournables de légalité

Lorsqu’un dossier est examiné, les instances regardent toujours le même triptyque.

1. Le champ de compétences

La prestation proposée doit être cohérente avec ton expertise de kiné.

Ce n’est pas une reconversion déguisée, ni une activité hors-santé.

2. La distinction claire avec l’acte conventionné

Un acte hors nomenclature :

  • n’a pas le même objectif,
  • ni la même intention,
  • ni la même nature qu’un acte NGAP.

Ce n’est pas un supplément, ni une option ajoutée à un soin remboursé.

3. L’information loyale du patient

Le patient doit savoir clairement :

  • ce qu’il paie,
  • pourquoi ce n’est pas remboursé,
  • et que cela n’impacte pas la qualité de sa prise en charge conventionnée.

👉 Ce n’est pas une question de prix.
👉 C’est une question de clarté.

Le hors nomenclature comme zone d’excellence balisée

Raisonner en “autorisé / interdit” est une erreur de perspective.

L’acte conventionné vise la restauration fonctionnelle minimale.
Le hors nomenclature peut viser :

  • l’autonomie,
  • la prévention,
  • la durabilité,
  • ou la performance.

Ce n’est pas une zone dangereuse par nature.
Elle devient risquée uniquement quand elle est abordée sans repères.

Comme en rééducation :

  • soit tu n’y vas jamais, même quand c’est pertinent,
  • soit tu y vas sans protocole.

Dans les deux cas, le potentiel est perdu.

Ce qui fait basculer dans l’illégalité (ou le risque)

Dans 90 % des cas problématiques, ce n’est pas “l’idée” qui pose souci.
C’est la confusion.

Confusion soin / accompagnement

Un programme de performance présenté comme un soin.

Confusion technique / nomenclature

Facturer une technique alors qu’elle relève d’un acte NGAP déjà prescrit.

Confusion information / promesse

Laisser croire qu’un “extra” est indispensable au soin.

Le problème n’est pas de proposer autre chose.
Le problème est de ne pas savoir où s’arrête le soin et où commence ton tarif libre.

Clarification stratégique : pour qui, et pour qui ce n’est pas

Cette approche est pertinente si :

  • tu veux sécuriser juridiquement ta pratique,
  • tu refuses les bricolages bancals,
  • tu cherches de la cohérence long terme.

Elle n’est pas pertinente si :

  • tu cherches une “astuce de facturation”,
  • tu veux aller vite sans cadre,
  • tu espères une solution universelle clé en main.

Conclusion — décider avec clarté

Le hors nomenclature n’est ni une faille du système, ni une liberté totale.
C’est une zone professionnelle légale, exigeante, et structurante.

Comme en kinésithérapie, on ne commence jamais par le traitement.
On commence par le diagnostic.

C’est exactement le rôle du Bilan du Kiné Épanoui :
clarifier ta pratique actuelle, ton contexte, et les options réellement sécurisées pour toi.

Sans diagnostic, on agit à l’aveugle.
Et aucun kiné sérieux n’accepterait cela pour ses patients.

 

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